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Amiante et location : obligation d'attestation, habitabilité et droits du locataire

Vianto Pashku - Avocat · · 6 min
Table des matières

En bref

Un bailleur qui dispose d'une attestation d'amiante valable doit en remettre une copie au locataire. Indépendamment de cela, il reste tenu d'offrir un logement sûr et sain — de l'amiante libérant des fibres peut même entraîner la résolution du bail.

L'amiante ne concerne pas uniquement les acheteurs et les vendeurs. Celui qui donne en location un logement ou un espace professionnel est également tenu à des obligations en matière d'amiante, lesquelles se durciront sensiblement dans les années à venir. En tant que bailleur, vous cumulez deux responsabilités : l'obligation administrative d'attestation issue du décret flamand relatif aux matériaux (Materialendecreet) et l'obligation classique, issue du droit locatif, de mettre à disposition un logement sûr et habitable. Le présent article passe ces deux volets en revue et précise ce qu'un locataire peut entreprendre lorsque l'amiante affecte le logement.

L'obligation d'attestation en cas de location

Si vous disposez, en tant que bailleur, d'une attestation d'amiante valable, vous devez en remettre une copie à votre locataire (article 33/9 §2 du Materialendecreet). Le moment auquel cette remise doit intervenir dépend de l'existence de l'attestation : si vous concluez un nouveau bail et que vous disposez déjà d'une attestation, vous en remettez la copie lors de la conclusion du bail. Si l'attestation est délivrée en cours de bail, vous disposez d'un mois pour en remettre la copie au locataire.

Cette obligation s'inscrit dans le déploiement progressif de l'obligation d'attestation. Les bailleurs d'immeubles construits avant 2001 devront disposer d'une attestation d'amiante valable pour 2030. Cela s'inscrit dans la réglementation plus large aux termes de laquelle tout propriétaire d'un bâtiment antérieur à 2001 devra disposer d'une attestation pour 2032, indépendamment de toute vente ou location. En tant que bailleur, il est donc préférable d'anticiper : l'établissement de l'attestation prend du temps et il s'agit d'un document dont vous aurez de toute façon besoin.

L'amiante comme vice du bien loué

Indépendamment de l'attestation, l'obligation fondamentale de tout bailleur demeure : vous devez louer un logement qui répond aux exigences élémentaires de sécurité, de salubrité et d'habitabilité (article 2 de la loi sur les baux à loyer, aujourd'hui ancré dans le Code flamand du logement — Vlaamse Wooncode). Cette exigence s'applique non seulement au début du bail, mais tout au long de sa durée. L'amiante intégrée en bon état et sous forme non friable ne porte en règle pas atteinte à cette habitabilité. Dès l'instant où des fibres se libèrent, la situation change fondamentalement : le logement devient alors insalubre et dangereux, ce qui touche au cœur de votre engagement en tant que bailleur.

La distinction entre amiante non friable et amiante endommagée est ici déterminante. L'amiante non friable, telle que l'amiante-ciment ou les carrelages en bon état, ne doit pas obligatoirement être enlevée ; la loi ne vous impose pas d'obligation générale d'assainissement. L'amiante endommagée ou friable, dont des fibres se libèrent, requiert en revanche une réparation ou un enlèvement. En tant que bailleur, vous avez tout intérêt à assurer le suivi de l'état des applications d'amiante connues et à ne pas attendre qu'un problème s'aggrave.

Amiante libérant des fibres : un vice pouvant entraîner la résolution du bail

La jurisprudence prend au sérieux l'amiante libérant des fibres. Le juge de paix a jugé que la présence de fibres d'amiante libérées constitue un vice grave et structurel justifiant la résolution du bail aux torts du bailleur (J.P. Gand 8 février 2016). Le fondement juridique se trouve dans le droit locatif commun : le bailleur doit garantir la jouissance paisible du bien et le maintenir en bon état d'entretien, et un logement qui menace la santé du locataire n'y satisfait pas. Lorsque le vice est suffisamment grave et structurel, le juge peut prononcer la résolution du bail aux torts du bailleur, par application des articles 1184, alinéa 2, et 1741 du Code civil.

Il est essentiel qu'il s'agisse d'un problème réel et actuel. Une simple possibilité théorique que de l'amiante puisse un jour se libérer ne suffit pas à caractériser un vice grave. Il doit exister une atteinte démontrable à l'habitabilité, par exemple en raison d'un dommage, d'une usure ou de travaux qui font que des fibres se retrouvent effectivement dans l'environnement de vie.

Les droits du locataire

Lorsque le logement loué est affecté par de l'amiante libérant des fibres, le locataire n'est pas démuni. Il peut d'abord exiger la réparation : le bailleur doit s'attaquer à la source de la libération des fibres, soit par une réparation, soit par un enlèvement. Si le vice pèse lourdement sur la jouissance du logement, le locataire peut demander une réduction proportionnelle du loyer pour la période durant laquelle il n'a pas pu occuper normalement le logement, ou seulement partiellement. Si le vice est grave et structurel, il peut réclamer la résolution du bail aux torts du bailleur. Et lorsqu'une faute peut être imputée au bailleur, s'y ajoute une indemnisation, par exemple pour les frais de déménagement, un double loyer ou des dommages sanitaires. La voie envisageable dépend de la gravité du vice et de la preuve rapportée par le locataire.

Obligations et responsabilité du bailleur

Pour le bailleur, le message est double. Remettez à temps l'attestation d'amiante lorsque vous en disposez, et ne sous-estimez pas le risque en matière d'habitabilité. Celui qui laisse traîner un problème d'amiante connu ou le dissimule lors de la conclusion du bail s'expose à une responsabilité. Vous pouvez être tenu à la réparation, à une réduction du loyer et, en cas de vice grave, à la résolution assortie de dommages et intérêts. Une clause de non-garantie n'apporte guère de secours lorsque vous connaissiez ou deviez connaître le problème. Si vous n'avez découvert l'amiante qu'après votre propre achat de l'immeuble, vous pouvez éventuellement, en tant que propriétaire, actionner votre propre vendeur sur la base de la garantie des vices cachés à l'achat.

Quant à la portée de vos obligations : vous devez traiter l'amiante dangereuse et endommagée, mais vous n'êtes pas tenu d'enlever préventivement toute application d'amiante non friable. Une approche raisonnable consiste à documenter la situation, à faire établir l'attestation et, en cas de doute sur l'état de certains matériaux, à consulter un expert amiante certifié.

Le parallèle avec le bail à ferme

La sensibilité à l'amiante ne se limite pas au bail d'habitation. La problématique se pose également en droit du bail à ferme : l'amiante dans des bâtiments donnés à ferme, comme des étables, peut affecter le fermage et donner lieu à contestation (J.P. Zomergem 27 avril 2012). Ici aussi, le bailleur à ferme doit mettre à disposition un bien en bon état, et les problèmes d'amiante touchent la valeur et la jouissance du bien affermé.

Comment Reius Advocaten peut vous assister

Vous êtes bailleur, bailleur à ferme ou locataire et un dossier concret dans lequel l'amiante joue un rôle vous occupe ? Reius Advocaten examine votre attestation d'amiante, apprécie si le logement loué satisfait aux exigences de sécurité et d'habitabilité, et vous assiste dans la négociation ou, si nécessaire, dans la procédure. Vous pouvez consulter la manière dont l'amiante intervient tout au long de la chaîne d'achat, de location et de rénovation dans notre guide sur l'amiante en immobilier. N'hésitez pas à nous contacter via info@reius.be ou via le formulaire de contact.

Questions fréquentes

Dois-je, en tant que bailleur, remettre une attestation d'amiante à mon locataire ?

Si vous disposez d'une attestation d'amiante valable, vous devez en remettre une copie au locataire (article 33/9 §2 du Materialendecreet). En cas de nouveau bail, cela se fait lors de la conclusion du bail ; si l'attestation est délivrée en cours de bail, vous disposez d'un mois pour remettre la copie. Les bailleurs d'immeubles antérieurs à 2001 devront de toute façon disposer d'une attestation pour 2030.

Dois-je, en tant que bailleur, enlever l'amiante ?

L'obligation d'attestation ne vous impose pas de procéder à l'enlèvement. Tant que l'amiante est non friable et en bon état, elle ne doit pas être enlevée et aucune obligation générale d'assainissement ne pèse sur vous. Il en va autrement lorsque l'amiante est endommagée et que des fibres se libèrent : l'habitabilité est alors atteinte et vous pouvez être tenu à la réparation ou à l'enlèvement.

Un locataire peut-il faire résoudre le bail en raison de l'amiante ?

Si l'amiante libérant des fibres rend le logement insalubre ou dangereux, le locataire peut, en présence d'un vice grave et structurel, demander la résolution du bail aux torts du bailleur (articles 1184, alinéa 2, et 1741 du Code civil). Le juge de paix l'a déjà admis (J.P. Gand 8 février 2016). Un risque purement théorique ne suffit pas ; il doit exister un problème réel et actuel.

Quels droits a le locataire en cas de problème d'amiante ?

Le locataire peut exiger la réparation, demander une réduction proportionnelle du loyer pour la période de jouissance diminuée et, en cas de vice grave, demander la résolution du bail. Si une faute peut être imputée au bailleur, une indemnisation peut s'y ajouter, par exemple pour les frais de déménagement ou un double loyer. La faisabilité dépend de la gravité du vice et de la preuve.

Le bailleur est-il responsable de l'amiante dans le logement loué ?

Le bailleur doit offrir un logement sûr, salubre et habitable, pendant toute la durée du bail (article 2 de la loi sur les baux à loyer / Code flamand du logement). S'il laisse traîner une amiante endommagée connue, il peut être tenu responsable pour la réparation, la réduction du loyer et, en cas de vice grave, pour la résolution assortie de dommages et intérêts. Une clause de non-garantie n'aide pas lorsqu'il connaissait ou devait connaître le problème.

L'amiante joue-t-elle également un rôle dans le bail à ferme ?

Oui. L'amiante dans des bâtiments donnés à ferme, tels que des étables agricoles, peut affecter le fermage et donner lieu à contestation (J.P. Zomergem 27 avril 2012). Tout comme pour le bail d'habitation, le bailleur à ferme doit mettre à disposition un bien en bon état, et les problèmes d'amiante touchent la valeur et la jouissance du bien affermé.

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